Notre journal de bord

Voici le résumé de notre aventure:

 Mercredi 18 Février: trajet vers le Stade de France

On est parti à 10h30 de Strasbourg après avoir lutter pour ouvrir nos portières gelées et avoir été chercher l'équipage 578 composé d'Alexandre et Philippe conduisant "Géraldine".

 

 

Avant de pouvoir traverser l'Atlas, on a déjà dû réussir à franchir le col de Saverne (pour atteindre 410 mètres d'altitude tout de même!): on a expérimenté la voie "véhicule lent" pour arriver au final en deuxième en haut du col ! De plus, une mauvaise surprise nous attendait : le compteur kilométrique n'a pas supporté cette montée en altitude et nous a complétement laché ! Ou plutôt presque laissé tomber car il nous suffisait de "monter" le tableau de bord pour rétablir le contact avec le compteur, ce qui était bien pratique pour les radars (même si on pouvait rarement dépasser la vitesse autorisée !)  et laissait envisager une réparation.

On a ensuite rejoint l'équipage de Laure et Marie à Saverne. Les premiers problèmes sont apparus à Nancy où l'équipage 578 a eu des soucis mécaniques (câble d'accélérateur) lors d'une grande montée; nous avons dû les abandonner sur la 4 voies car le temps nous était compté et nous ne pouvions rien faire pour eux, il fallait qu'ils attendent la dépanneuse.

Nous sommes donc reparties soucieuses qu'il y ait déjà des problèmes aux premiers kilomètres pour une 4L bien préparée. Nous étions en retard pour Paris et les problèmes se sont encore enchainés ! Les garçons ont pu repartir mais quelques heures plus tard ils retombaient de nouveau en panne (vis platiné) ! En parallèle, Laure et Marie sont tombées en panne d'essence sur la 4 voies et notre compteur ne marchait toujours pas alors qu'il est essentiel pour le classement au rallye !

Nous sommes finalement arrivées à Paris en retard et avons franchi les grilles du Stade de France à 19h (soit près de 10h de route pour atteindre Paris, record à battre !): les vérifications se sont bien passées excepté que nous avons dû acheter une sangle de remorquage alors que nous en avions deux types différents !

Nous avons fini épuisées par trouver une place pour se garer juste près du Stade de France. Un équipage de Nancy s'est proposé de nous réparer le compteur mais il fallait déjà démonter le tableau de bord ce que nous n'avons jamais réussi à faire: nous avons donc décidé d'attendre Algéciras pour demander de l'aide à des pros (= à l'assistance mécanique).

La nuit a été assez agitée vu que nous étions garées en face d'un complexe cinématographique et que des gens étaient étonnés de voir 2 filles dormir dans une 4L en Seine-Saint-Denis !

 

Jeudi 19 Février: Stade de France et début de la traversée de la France

La nuit dans la 4L s'est terminée sous une voûte étoilée: en effet, le toit intérieur de la 4L était parsemé de gouttes d'amiante nous dégoulinant dessus ! Heureusement, ce phénomène ne se reproduira plus au cours des prochaines nuits.

Nous nous sommes levées de bonne heure pour entrer rapidement au Stade de France (et plus particulièrement pour utiliser ses sanitaires !) .

Nous avons retrouvé l'équipage 578, équipage étant parti avec nous et ayant eu des difficultés avec leur voiture mais qui était finalement arrivé qu'une heure après nous la veille au soir ! La matinée est très vite passée: petit déjeuner, groupes de musique, diffusion d'images de la dernière édition du 4l Trophy, discours officiel...

Le départ a été lancé à 12h30: nous étions enfin parties après tant d'heures de préparation et de stress !!

 

 

 

 

Nous avions décidé d'atteindre Orléans par la nationale pour éviter des frais de péages mais après plusieurs traversées de villes qui nous ralentissaient beaucoup trop, nous avons décidé de rejoindre l'autoroute et par la même occassion d'autres 4L ! Nous avons ainsi continué jusqu'à Poitiers où nous avons repris la 4 voies beaucoup plus économique !

Le trajet s'est fait sans problèmes excepté que notre capot s'est ouvert brutalement sur l'autoroute ainsi que notre portière avant qui nous a fait plusieurs caprices tout au long de l'aventure. Mais ces petits soucis n'étaient évidemment rien comparés aux problèmes que l'on pouvait redouter.

Nous nous sommes arrêtées à 23h à Bordeaux où nous devions rejoindre les deux équipages de Strasbourg que nous avions perdu vu le départ gigantisime au Stade de France.

Peu avant Bordeaux l'équipage Philippe/Alexandre nous avertis que les filles ont eu un accident: elles ont fait un tonneau sur l'autoroute. Finalement elles s'en sortent indemmes contrairement à leur voiture qui est hors d'usage. Elles ont été prises en charge par l'oragnisation qui les a par la suite rappatriées.

Au total, on aura eu connaissance de 3 accidents pour cette journée: un accrochage à la sortie du Stade de France (c'est pas évident Paris avec une telle voiture !), une 4L a percuté un camion (ou l'inverse) et les filles à Bordeaux.

Finalement on a pris une longue pose à Bordeaux pour attendre les garçons (ce qui ne sera pas la dernière fois !)  puis on a encore roulé un peu pour atteindre au plus près la frontière espagnole: nous nous sommes arrêtées sur une aire près de Dax à 1h où nous avons retrouvé d'autres 4L. Nous avons encore dormi dans la 4l (ce qui sera en fait le cas pour toutes les nuits !) entourées par les tentes des autres équipages.

 

 Vendredi 20 Février: traversée de l'Espagne

Nous sommes parties encore tôt (de toute façon il n'y aura pas eu un jour de grasse matinée !) après une nuit assez fraiche. L'objectif du jour était d'atteindre Madrid pour 12h. Nous avons découvert l'Espagne et le prix de son essence qu'après 2h de route ainsi que la police espagnole qui nous a arrêté après maintes hésitations (ils doublent, ralentissent, redoublent !)  et tout ceci par simple curiosité (vérifications très rapides des papiers mais demandes de renseignements sur qui on était !) et sans doute car nous n'étions que 2 4L à avoir pris ce trajet (la nationale gratuite !).

Ni nous ni l'équipage 578 n'a eu de problèmes mécaniques excepté que notre 4L avait plein de petits défauts que nous n'avions pas vu jusque là: piton de la glace décollé, vide poche arraché, protection des fils électriques qui tombe !

Les premiers panneaux "Madrid" ne seront finalement visibles qu'aux alentours de 16h ! Cette traversée nous aura pris pas mal de temps vu les embouteillages qui sont pires qu'à Paris. Le déjeuner aura encore était très diététique vu qu'il a été constitué d'oeufs gobés (pour Anais seulement !), de gateaux apéros et de moelleux au chocolat ! La pose déjeuner a surpris quelques espagnols vu que nous nous sommes arrêtés dans un village pommé et que notre allure devait paraître suspect. Nous avons quand même réussi à ne pas nous faire virer trop rapidement !

A l'heure du diner, nous avions décidé de nous concocter un bon petit plat (de pâtes !) mais la bouteille de gaz s'est complétement vidé à son ouverture, les raviolis ont donc été mangé froid (et cru) par Anais (qui n'aime pas ça cuit, il faut bien le préciser !) et le gruyère rapé par Emilie. Nous sommes tombés sur des Espagnols un peu plus ouverts que lors de la pause du midi et Anais a réussi à obtenir un filtre à air gratuit à un garagiste en faillite ! Nous avons aussi posé pour des photos avec des gens qui s'arrêtaient pour leur essence et étaient surpris de voir un tel convois. 

Nous avons continué notre route (sinueuse !) jusqu'à Malaga après s'être arrêté encore une fois pour l'équipage 578 qui avait un bruit suspect à leur roue. Après avoir fait un petit détour pour voir la mer à 1h du matin, il nous fallait trouvé un endroit "autorisé" pour dormir: les garçons n'ont rien trouvé de mieux qu'une aire qui servaient aux dépôts des containers ! C'est donc à 1km de lieux superbes que nous nous sommes endormies entourés des 4L et des poubelles !

 

Samedi 21 Février: arrivée à Algéciras

Nous nous sommes levées avec le soleil et après avoir une dernière fois admiré le front de mer nous sommes parties pour Algeciras où nous sommes arrivées 2h plus tard.

Il y avait déjà les 600 équipages partis de Bordeaux et la moitié de Paris: soit 800 4L entassés  sur une aire derrière un hotel.

 

Nous avons eu plusieurs heures pour faire quelques emplettes au carrefour local qui a vite été envahi par nous tous: nous n'avions vraiment pas l'impression d'être en Espagne !

Nous avons aussi fait "réparer" notre compteur par l'assistance mécanique: un simple faux contact qui a été vite réglé sans même démonter le tableau de bord !

La soirée a été très sympathique malgré quelques débordement avec des fusées de détresse qui ont été  lancées pour s'amuser et donc les mécontentements des autorités locales qui menaçaient l'oragnisation de nous virer du camp !

Dimanche 22 Février: arrivée au Maroc

Levées à 3h, la journée a commencé par une collision (dont nous ne sommes évidemment pas les responsables !) de notre voiture avec "Géraldine"; nous n'avons eu aucune erraflure alors que Géraldine a eu quelques problèmes ...

Nous sommes arrivées au port à 4h du matin et avons attendu un long moment avant de pouvoir embarquer. Puis se sont enchainées les formalités administratives et la longue attente pour le bureau de change.

 

 

 

 

Nous avons atteint Tanger en début de matinée.

En sortie de bateau, nous avons eu nos premiers contacts avec la conduite au Maroc: il ne faut surtout pas hésiter à jouer du klaxon et des appels de phares pour doubler les charettes, vélos, et autres bizarreries mais il fallait aussi avoir le pied à proximité du frein pour les piétons imprudents.

De toute façon, notre traversée de Tanger a été interrompu par une surchauffe de la voiture de l'équipage 578 avec qui on roulait. Après plusieurs tentatives de "on continue et on verra bien", leur voiture n'était plus du tout en bon état de fonctionnement (couroie fondue, témoin de la batterie et de la température d'eau allumés) et nous nous sommes immobilisées avec eux (et oui, nous avons un esprit solidaire !)  sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute à quelques kilométres seulement de notre point de départ !

On a alors attendu près de 5h l'assistance mécanique qui était occupée à régler les problèmes de voitures immobilisées à Tanger même. L'après-midi a donc été consacré au pique-nique, à la sieste, aux discussion avec la dépanneuse de l'autoroute et la gendarmerie royale (qui nous protége et à prévenu tout le royaume !)...

 

Au final, le problème (galet grippé entrainant rupture de la courroie et surchauffe) a été réglé grâce à l'assistance mécanique et à notre courroie de rechange ( heureusement que nous sommes un équipage prévoyant !) et nous sommes reparties en fin d'après-midi alors qu'il nous restait encore toute l'étape à parcourir !

Nous avons ensuite découvert les joies de l'autoroute marocaine aussi dangereuse que la ville, surtout de nuit: des gens (sans gilet fluorescent bien évidemment) la traversent ! Mais le plus difficile restait à venir: la campagne  !!  Il ya des poules, des chiens, des vaches de tous côtés et toujours des personnes traversant sans se presser en plein milieu d'un virage ! De plus, nous avons découvert une manie marocaine assez étrange: les voitures mettent leur plein phares quand elles doublent (pour prévenir sans doute ?) nous éblouissant dans nos rétros (et ne parlons pas des voitures qui arrivent de face et ne les éteignent pas !). Bref, je pense que nous n'oublierons pas de si tôt cette première étape assez mémorable, surtout que notre journée a encore connu des péripéties: après plusieurs heures de conduite dans ces conditions nous étions exténuées et nous ne pouvions plus lutter contre nos yeux qui se fermés en conduisant; nous nous sommes arrêtés en pensant dormir en cours de route quitte à "rater" cette étape mais finalemnt nous sommes reparties en reconstituant les équipages: Emilie et Alexandre avec notre voiture et Anais et Philippe dans la leur.

Nous avions un premier col à franchir pour cette journée et le road book était un assez mauvais indicateur du chemin à suivre, nous nous sommes donc un peu perdus au milieu de l'Atlas et les deux conducteurs n'ayant pas le même 'type' de conduite nous nous sommes retrouvées séparées !

Finalement Emilie et Alexandre sont arrivés au bivouac aux alentours de minuit tandis que la voiture avec Anais s'est retrouvée encore plus perdue (avec d'autres équipages rencontrés en chemin) et n'est rentrée qu'une à deux heures plus tard encore !

Nous pensions avoir une nuit réparatrice mais nous ne savions pas qu'après tant d'heures de conduite notre cerveau serait perturbé: Anais s'est retrouvé au milieu de la nuit pensant que nous étions remorquées et essayant désepérement d'allumer les warning (mais ne pouvant pas le faire vu que nous avions par précaution, débranché la batterie), Emilie, au lieu de calmer le jeu et tout aussi dérangée, a tenté sans succés de sortir de la voiture avant de se rendre compte que tout cela n'était qu'un 'mirage' (alors que nous n'étions toujours pas dans le désert !). La nuit fut donc courte et agitée mais tel est l'intérêt du 4l Trophy !

 Lundi 23 février: notre première piste !

 Après quelques heures de sommeil à Enjil à 1600 mètres d'altitude ( = sac de couchage + couverture  + couverture de survie de rigueur) nous sommes reparties à 9 heures. Une première centaine de kilomètres était sur route entourée de paysage désertique mais traversant tout de même quelques villages de temps à autre.

 

Nous avons fini par atteindre la piste qui nous permettrait d'atteindre Errachidia: nous avons connu nos premiers Oueds (géants !), traversée de boues, de sable. Et vu que le but est de faire le moins de kilomètre et que "le plus court chemin c'est tout droit", nous n'avons pas hésité à effectuer du hors piste en affrontant les cailloux qui l'entouraient !

 

 

 

 

 

 

 

L'équipage 578 a encore quelques problèmes de surchauffe (dont on vous expliquera l'origine en temps voulu ...) tandis que notre voiture roulait parfaitement bien !  

Nous avons ensuite quitté la piste pour rejoindre une petite route où nous avons découvert la "plage" ! Enfin nous avions de l'eau pour (presque) nous laver (et oui, ça faisait déjà 7 jours que nous n'avions pas vu l'ombre d'une douche !)

 

Nous avions ensuite rejoint le bivouac dans les temps et sans avoir fait beaucoup plus de kilomètres que le road book.

Nous avons fait un petit détour par le pôle mécanique pour faire réparer une fuite à notre système d'échappement et essayer de remèdier à notre soucis de parallèlisme (qui a fait que nous roulions avec des pneux parfaitement lisses !)

 

Mardi 24 Février: Merzouga/remise des dons

Après une nuit tranquille (enfin, je crois !) nous sommes parties en direction de Merzouga. Les premiers kilomètres se sont effectués tranquilement sur la route mais avec tout de même des traversées de villages forcément houleuses: les enfants sont ici habitués aux touristes et ne cessent de courrir le long des voitures pour réclamer des stylos ou tout ce qui pourrait leur être utile; pour notre part, nous ne donnions qu'aux personnes nous aidant (à nous désensabler ou à nous réorienter dans la bonne direction) vu que notre coffre de matériel n'était pas sans limite et qu'il était de toute façon destiné à des enfants dont on savait qu'ils en feraient bon usage.

Sur notre route nous avons enfin rencontré un Oued digne de ce nom (= avec de l'eau !!) avant d'atteindre le désert et son sable !! Nous avons connu les premières joies du sable et des odeurs d'embrayage mal traité. Nous n'avons heureusement pas eu trop de problèmes avec le sable.

En cours de chemin, nous avons fait un arrêt dans une auberge au coeur du désert mais qui avait de l'eau et des toilettes, ce que nous n'avions pas vu depuis longtemps !

 L'étape s'est rapidement achevé à Merzouga où nous devions donner nos fournitures aux enfants et aux associations au cours de cette fin de journée.

Nous avons tout d'abord déposé nos fournitures au coeur d'un magnifique paysage dunaire où se balladaient des dromadaires (avec leurs propriétaires !).

Nous avons ensuite enchainé avec le circuit des dunes: en 10 secondes il était bouclé vu l'équipe de choc que l'on formait !!!

Nous avons ensuite écouté les enfants chanter et participé avec eux à des danses improvisées;

 

 

Pendant que nous nous amusions l'équipage 578 (Alexandre et Philippe) devaient changer leur joint de culasse: nous ne pensions pas à ce moment que pour nous aussi les problèmes commenceraient bientôt !

 La remise des dons a ensuite eu lieu avec dans l'ordre: discours de Mme Chevalier (la présidente de l'association "enfants du désert"); le discours d'un petit Marocain, échange des cartables et des dessins des enfants.

Pour finir, nous avons eu le droit à un grand repas (enfin par rapport à nos paquets de M'nMs !) aux sons des tam-tams suivi d'une bonn nuit sous un ciel encore bien étoilé !

Mercredi 25 Février: une épreuve du Dakar (et oui pas moins que ça !)

Nous nous sommes réveillées en pleine forme au milieu des palmiers et des dromadaires. Le moral ne pouvait qu'être au beau fixe vu qu'on avait un petit déjeuner royal en face du levé du soleil, des douches et toilettes à dispositions pour encore quelques heures et notre classement de l'étape de la veille nous indiquait que nous étions les 5 ièmes féminines !

Nous avons donc quitté le confort de ce bivouac pour rejoindre la piste: nous avions aujourd'hui une étape du Paris-Dakar à faire avec nos 4L !

Après 100 km de piste nous avons eu un problème mécanique que nous n'arrivions pas à identifier; nous avons donc signalé notre position à l'assistance mécanique et étions prête à attendre quelques heures en plein cagnard jusqu'à ce que nos sauveurs arrivent. Il s'agit de l'équipage 789, avec Maxime et Jérémy qui se sont occupés de notre problème pendant plus de 3 heures ! Ils ont identifié un problème au niveau du condensateur mais on aussi dû changer notre pompe à essence qu'ils ont abimé en cherchant l'origine de la panne. Ils avaient heureusement toutes les ppièces à disposition et d'excelentes connaissances en mécanique. C'est ainsi que lorsque l'assistance mécanique s'est arrêtée nous n'avions plus besoin d'eux, ce qui n'était par contre pas le cas pour l'équipage 578 qui avait fini par nous rejoindre (toujours à la traine ...). En effet, depuis le début de l'aventure ils avaient des problèmes au niveau du système de refroidissement mais l'assistance mécanique a fini par trouver l'origine de leur problème: un ventilateur monté à l'envers ... (sans commentaires !)

Nous sommes donc reparties en milieu d'après-midi avec les équipages 789 et 578 pour la suite de l'étape. Nous sommes arrivés à l'étape du bac à sable: imaginez des centaines de 4L coincés au milieu d'une vaste étendue sableuse, des bruits de moteur, des odeurs d'embrayage, des plaques de désensablage de partout...

La seule possibilité c'était de foncer à toute allure au milieu de cet embouteillage en évitant les obstacles (4L arrêtées, personnes, bancs particulièrement sableux...), c'est ainsi que nous avons perdu nos équipages 578 et 789 et que nous nous sommes retrouvées ensablées à quelques mètres de la sorti de ce 'bac à sable'. Nous avons rapidement réussi notre désensablage avec l'aide d'autres participants; nous nous sommes aussi mises à aider quelques autres à passer mais avons fini par partir voyant l'heure tourné et trop essoufflées pour continuer les désensablages !

 

 

 

Nous devions ensuite attaquer l'épreuve du hors piste en suivant les instructions du road-book telles que "direction, l'arbre solitaire" (lequel , il y en a 5 autour de nous !!!), "après 1,650 km cap 200° puis sur 400 m cap 180 ° " (notre compteur n'est pas métrique !!!). Nous avons donc fini par nous perdre au milieu des dunettes dans lesquelles il ne fallait absolument pas aller pour cause d'ensablements (dont nous avons quand même par réussir à nous sortir ); nous avons rejoints plusieurs 4L et avons décidé de les suivre même si nous ne savions pas si elles suivaient la bonne direction car la nuit approchait dangereusement ! Finalement, nous avons croisé un 4*4 de la presse que nous avons suivi à la trace en appuyant à fond sur l'accélérateur et avons récupérer le cap indiqué par le road-book ("suivre la première antenne que vous voyait au loin" (même quand la pénombre commence à s'établir !!!)). Quelques difficultés étaient encore à éviter tels que les pierres, tas de sable ou même barrière humaine faits pour nous  arrêter et obtenir quelques fournitures...

Au final, nous avons réussi à ateindre le bivouac juste avant la tombée de la nuit ! Nous avons été assez surprises car il était très peu rempli malgré l'heure: en fait, nous apprendrons qu'à 20h30, 500 4L se trouvait encore en hors-piste et 50 dans le bac à sable ! Effectivement, ni l'équipage 578, ni 789 n'étaient rentrés et il manquait encore quelques strasbourgeois à l'appel !

Nous avons donc eu une soirée très calme et une bonne nuit de sommeil tandis que d'autres équipages essayaient vainement de rejoindre le campement: plus de 10 fusées de détresses ont apparement été tirées, des bédouins ont apporté un mot à un groupe de 4L avec : "Nous sommes 50 4L coincées, si vous trouvez ce mot, suivez les bédouins ils vous méneront à nous")  et des équipages ne sont arrivés que le lendemain matin à 8h !

Le moral n'était donc pas très bon pour tout le monde, la fatigue était là mais pourtant la prochaine épreuve était l'étape marathon, étape qui n'est pas la plus facile !

 Jeudi 26 Février : jour 1 de l'étape marathon

 

 

Nous avions décidé de faire l'étape marathon entre équipage strasbourgeois mais il nous restait encore à décider si nous emprunterions la route ou la piste; en effet, l'organisation, ayant connu quelques déboires la veille, avait proposé un second itinéraire avec seulement de la route pour les voitures ou équipages les plus fatigués. Nous, nous souhaitions continuer le 4L trophy sous sa forme originelle et donc prendre la pist

 

e initialement prévue (surnommée: "l'enfer des cailloux" !) et c'est finalement ce que tout le monde a convenu. Nous voilà donc partis à 6 équipages pour ces 2 jours seuls au Maroc !

Le début de cette journée était assez secoué vu que la piste, pourtant bien tracée, était très caillouteuse. Arrivés à des endroits plus sableux et notamment à l'oued géant, nous avons abandonné un équipage (devinez qui !) qui avait un problème de longerons et qui devait attendre l'assistance soudure. Nous avons donc tenté la traversé de l'oued sans eux, il n'ya pas eu trop de problèmes pour le franchissement.

Après une longue pause déjeuner bien méritée, nous sommes repartis sur une piste plus agréable car plus sableuse. Pour une fois, nous avons réussi à suivre correctement les instructions du road-book et avons même trouvé le check-point secret !

La nuit est rapidement tombée alors que nous avions à peine parcouru une centaine de kilomètre (plus de 700 km nous restait à parcourir !); nous nous sommes arrêtés avec 2 équipages de plus pour nous installer pour la soirée/nuit juste avant les montagnes. Nous avons testé sous le vent notre nouvelle bouteille de gaz pour finalement manger des pâtes froides autour du feu. Couchés assez tôt, nous avons connu notre première averse dans le désert !

Vendredi 27 Février:  la journée la plus longue ...

Levées avec le soleil nous sommes parties un peu avant la majorité du bivouac qui a eu du mal à redémarrer pour cette denière journée dans le désert marocain!

Nous avons commencé par changer nos pneus qui étaient trop lisses pour le fameux col de Tizi-n-Tichka; c'est l'équipe de l'Ecole de Management de Strasbourg qui nous a prété ses pneus de secours (les notres étant de 2 tailles différentes !).

Pour la matine nous devions franchir "l'enfer des cailloux": une piste très caillouteuse où les virages coupées étaient impossibles.

Notre 4L, sans doute sous pression, a eu un petit problème: une fumée banche est apparue du capot, arrêtées en urgence on s'est aperçue que notre radiateur fuyé ! Nous n'avions rien pour le réparer donc nous avons décidé, avec l'équipe de l'ENSPS de continuer à un rythme réduit (20 à 40 km/h)  jusqu'à la fin de la piste où l'organisation avait établi un camp. Nous avons fini par y arriver même si entre temps un second problème a surgi: nous avions un problème de "direction" que nous n'arrivions pas à identifier; il s'agissait en fait d'un problème de crémaillère.

Nous sommes donc arrivées en même temps que tous les autres équipages strasbourgeois qui avaient fini par nous rattraper au pôle mécanique de fin de piste.

Nous avons réparé comme nous avons pu notre radiateur avec de la pâte "répare-tout" fourni par l'équipage de Anne-Laure et Emilie, des pharmaciennes de Strasbourg.

La crémaillère a été réparée par un mécanicien de l'assistance sous une tempête de sable: nous n'avions aucune protection pour nos yeux qui ont mis un certain temps à s'en remettre !

Nous sommes reparties dans les dernières, en retard et seules, vers 12h: il nous restait environ 6h pour atteindre Marrackech et donc franchir le col tant redouté avant la nuit.

Voulant ménager notre radiateur (et la pâte posée à la va-vite !), la première centaine de kilomètre a été assez longue et surtout stressante: allons-nous y arriver ???

Finalement, la fuite était bien colmatée et nous avons pu reprendre un rythme normal !

Au niveau du premier col à franchir, nous avons eu quelques difficultés: les montées étaient longues et la voiture se comportait "bizarrement" puisque la deuxième et la troisième (pourtant bien utiles dans ce cas !) n'étaient pas "réactives". Nous avons pourtant fini par y arriver et nous posions bien des questions qu'en à  la montée du col de Tichka ! (100 fois pire !).

A la moitié du parcours, les problèmes avec les vitesses se sont accentuées: nous avons définitivemnt perdu la deuxième et la troisième et les deux autres semblaient suivre la même voie.

Finalement, nous nous sommes arrêtées pour voir d'où pouvait surgir le problème, avons rapidement "decrassé" notre carburateur (plien de sable) et n'avons finalement pas réussi à redémarrer!

Deux marocains nous ont apporté leur aide et nous ont confirmer que l'essence marocaine était coupée à l'eau et donc occasionnée de temps à autre ce genre de problème; ils nous ont expliqué que nous devions nettoyer notre carburateur, ce que nous avons fait avec eux. Malheureusement, la voiture ne redémarrait toujours pas ! Un équipage s'est arrêté et après maintes essais à conclu qu'il y avait un problème d'embrayage, nous avions donc eu droit au problème tant redouté !

Entre temps, nous avons croisé les strasbourgeois qu'on avait doublé sans le savoir et l'équipage 789 (qui nous avait aidé) qui était remorqué par un autre équipage !

Plusieurs équipages nous ont confirmé le problème d'embrayage et nous avons donc décidé d'attendre tranquilement l'assistance mécanique. Cependant, nous nous étions arrêtées à proximité et notre arrêt à attirer des marocains curieux; nos deux bons samaritains marocains du départ étant partis, nous nous sentions de plus en plus mal à l'aise et nous sentions pas prête à attendre seules pendant plusieurs heures l'assistance avec tous ces gens autour de nous !

Nous avons donc demandé à une 4L de nous remorquer jusqu'au bas du col de Tichka pour attendre là-bas. C'est donc avec Julien et Matthieu, que nous avons connu notre expérience de remorquage qui a été assez laborieuse ! Il fallait maintenir une vitesse constante dans les virages, montées et descentes pour éviter les à coups et donc préserver les chassis des voitures. Emilie n'étant vraiment pas douée pour ça, à laisser le volant à Julien qui avait un peu mieux compris comment faire !

Après maintes arrêts et à une vitesse trés réduite, nous avons fini par atteindre le bas du col.

Lors du remorquage, nous avons croisé l'assistance marocaine qui nous a dit ne pas pouvoir nous aider pour notre embrayage (n'ayant pas la pièce de rechange) et ne pouvant pas nous remorquer (car ils n'avaient pas l'autorisation).

Il nous fallait donc trouver un garage marocain alors que la nuit était tombée et que la ville la plus proche était Marrackech, située après le col !!

La dépanneuse de l'assistance a fini par nous rattraper (ce qui signifiait que nous étions réllement dans les dernières sur la route !) et nous a proposé de nous remorquer jusqu'en haut du col. Par contre pour la descente, si nous ne voulions pas achever nos freins nous devions descendre en roues libres !!!! Ne souhaitant pas encore mourir, nous avons décliné leur proposition !!!

Heureusement, le Maroc n'est pas aussi "organisé/structuré" que la France et à la station service où nous nous étions arrêtés, un monsieur nous a dit connaitre queluq'un pouvant nous réparer notre embrayage; après discussion (et n'ayant pas vraiment le choix !) nous avons décidé d'accepter son offre: contre 70 euros, notre embrayage serait réparé en 2h.

Nous voilà donc parties pour 3 h de stress dans un "garage" marocain: la voiture a été placée sur une fosse (= un trou) dans un local où une ampoule a été placée pour l'occasion. Notre voiture s'est faite dépecée par 3-4 personnes: des boulons, vis, rondelles... étaient répandus partout et ne savions pas vraiment s'ils allaient pouvour remonter tout ça !

Finalement, l'assistance mécanique est arrivée et a exigé de voir le nouvel embrayage: quelqu'un est parti à vélo et 20 minutes plus tard revenait avec une pièce parfaitement convenable! Nous étions donc rassurées à ce niveau. L'assistance a dû repartir et nous revoilà seules. C'est seulement au cours de cette soirée que nous avons pu réllement discuté avec des marocains et avons appris qu' Emilie (ou un nom s'y approchant) signifiait "pigeon" !! 

Finalement, totu a été remonté correctement au bout de 3h et à 23h nous avons pu repartir. Nous avons encore raté le paysage de l'Atlas (rappelez-vous, notre première étape ...) mais le franchissement du col s'est fait sans difficulté avec notre voiture totue neuve !

Nous avons atteint Marrakech à 2h du matin, nous avosn galéré pour trouver notre hotel (jusqu'au bout, le road-book aura été inutile !), mais heureusement des 4L Trophistes sortaient de boite (ils s'amusaient alors que nous, nous étions exténuées !!!!) et nous ont accompagné jusqu'à notre hôtel où nous avons été acclamées en guise de bienvenus par les autres participants!

Nous nous sommes donc endormies, après plusieurs douches (et oui , le sable ça s'incruste !), dans un vrai lit vers 4h du matin: le 4L Trophy était donc terminé: terminé le sable, les cailloux, l'huile, le cambouis et l'essence sur les vêtements, les repas qui ne méritent pas ce nom, les bivouacs, les briefings, la peur après chaque saut car nous n'avions pas vu la bosse, les galères, les arbres solitaires du road-book, l'entraide entre équipage, les enfants, la gendarmerie royale qui nous protége... (je pourrais continuer encore sur de longues lignes cette énumération!).

 

 

 

 

4L Trophy journal de bord

Commentaires (9)

1. Alex 24/03/2009

Je vois que ce blog croule sous les visites... j'ouvre donc les commentaires sur les aventures des miss!

C'est assez bien résumé, les talents de la rédactrice en chef m'étonneront toujours...

Je tiens à remercier ce fabuleux équipage 1340 pour son esprit de solidarité et ses connaissances méca... euh ses pièces de rechange. Quant aux JT: du grand art!

Alors quelques précisions: Non, nous ne sommes pas à la traine, c'est Choupette qui était dopée aux M@Ms!
Et puis, qui est arrivé à 2h du mat à Marrakech??

En tous cas, magnifique expérience que j'ai partagé avec vous, MERCI!

Vous pouvez maintenant quitter ce blog et reprendre une activité normale.
Et surtout n'oubliez pas:
LE ROYAUME VOUS PROTÈGE !!!

2. Julie 25/03/2009

Impressionnant... vous auriez quand même pu mettre un mot de remerciement pour nous les pôv pommes qui vous ont aidé mais ne sont pas partis !
c'est pas juste...

3. Alex 25/03/2009

JULIE ON T'AIME!!! (c'est Choupette qui le dit)...

4. Alex 28/03/2009

Par rapport à l'épreuve marathon, surtout n'écoutez pas toutes ces élucubrations de notre très chère rédactrice en chef.
Nous on l'aura fait duré ce 4L Trophy, car n'oublie pas, Julie:
Plus c'est long, Plus c'est bon...

(c'est valable aussi pour toi Emilie)

5. Alex 28/03/2009

Ahhh je viens de lire la fin du périple!
Impressionnant...
Je me demande si toutes ces galères accumulées en une seule journée ont été pires que les nôtres.
Ca a dû être flippant cette réparation de l'embrayage. Vous auriez dû tester le garage Momo à Zagoura

Encore une fois BRAVO les filles, vous l'avez fait!

(dsl pour Julie qui restera la "pov pomme" de l'histoire...)

6. indoorlighting (site web) 12/09/2012

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